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Émergences du langage chez les enfants TSA

Chez les enfants avec TSA, le développement du langage repose d’abord sur la sécurité corporelle, les émotions partagées et la relation à l’environnement, avant que la communication verbale puisse être favorisée par l’imitation, la narrativité et l’attention à leurs intérêts.

En partenariat avec la Cippa.

Les enfants TSA ne suivent pas forcément les mêmes étapes d'émergence du langage que dans le développement "normal". Les émotions partagées, l’intégration de l’image du corps, la sécurité des déplacements dans l'espace, l’intérêt pour les mouvements et la relation sont préalables à la communication verbale. Après avoir retrouvé une certaine sécurité du sentiment d’exister dans leur corps, les personnes TSA s’ouvrent davantage à la relation à leur environnement. Des reprises du développement de la communication peuvent être favorisées par une narrativité verbale, des jeux d’imitation, une attention aux intérêts de la personne...

Proposée par Armelle Barral, psychologue clinicienne, psychanalyste, membre de la Cippa, et Chantal Lheureux-Davidse, MCF HdR Univ. Paris-Cité, psychologue clinicienne, psychanalyste, membre de la Cippa.

Programme

Premier module

Lundi 15 mars 2027

  • Horaires : 09:30 — 13:00

    Sujet : Présentation de la formation et des formatrices. Tour de table. — Absence de langage : effets de l’autisme sur la perte de rêverie et de narrativité de l’entourage familial et professionnel. Se parler entre nous. — Une bouche pour parler : intégration de la bouche dans l’image du corps. — Espace sécurisé et tonique. Des points d’articulation pour émettre des sons. — Détente de la colonne d’air. Angoisses de se vider en parlant. — Cas particulier du bilinguisme. Utilisation d’une langue étrangère, l’anglais souvent. — Expressions métaphoriques : dans une référence privée. Métaphore de la construction de l’image du corps. Métaphore des relations. Métaphores architecturales. Un langage associatif. — Intersubjectivité et temporalité : importance du silence (G. Schneider).

  • Horaires : 14:00 — 17:30

    Sujet : Langage corporel pré-verbal – Co-construction narrative : tout a un sens. Des réflexes toniques à un langage adressé. Observation des manifestations corporelles pour comprendre le vécu interne. — Repérage du sens des recherches sensorielles à travers les stéréotypies. Place de la narrativité et de l’imitation. — Notre langage avec eux. — Émergences du langage verbal : des appuis pour se lancer. Appui-dos, appui sur un rythme, sur une chanson, appui sur des médiateurs, appui sur l’écrit, sur les cadres des bandes dessinées, appui sur les personnages de livres ou de dessins animés, appui sur l’écholalie.

Mardi 16 mars 2027

  • Horaires : 09:30 — 13:00

    Sujet : Attention conjointe et étonnement partagé : intérêts et particularités de chacun. Travail de représentation des expériences. Le partage d’explorations nouvelles. — Préalables à l'émergence du langage : se sentir exister dans son corps. Les déplacements dans l'espace. Se sentir concerné dans la relation. De l'adhésivité à la différenciation pour se rencontrer. — Effets du démantèlement sensoriel et du clivage dans la pensée et dans le langage : états de saturation, évitement, décharge ou clivage. Pensée et langage en détails au détriment de la vue d’ensemble. Dispersion, agrippements sensoriels, adhésivité et repères immuables. Se lancer dans l’espace pour parler. Retrouver des liens entre les parties dispersées. — Quelques particularités des émergences : chuchotement, jargon, langage chanté, dos tourné à l’interlocuteur, dialogues internes et échanges verbaux, logorrhée.

  • Horaires : 14:00 — 17:30

    Sujet : Écholalies : des symptômes aux premiers pas dans le langage. Écholalies immédiates, écholalies différées. Jeux de variation dans les écholalies. Inversions pronominales (je/tu). — Communication du 1 au 2. Dialogue : écouter sans pouvoir s’exprimer. Parler sans être interrompu. Alternance et co-existence dans les dialogues. — Accompagner les émergences du langage : tenir compte des troubles sensoriels. Vitesse et intensité de l'intégration sensorielle, ralentissement, narrativité... Entre onomatopées et langage articulé, langage spontané. — Synchronie et alternance rythmique dans les échanges. Réponses en différé. Lenteur d’intégration. — Partage des rythmicités et des intérêts restreints pour découvrir du nouveau. — Reprise des appuis dans la relation thérapeutique avec la personne TSA : rythmicité, ralentissement, chuchotement, onomatopées, l’écrit, prosodie, musicalité, narrativité, imitation, étonnement partagé. — Présentation de la 3ème journée et du travail d’intersession : préparation d’un court exposé sur l’observation d’émergences du langage ou des blocages de ces émergences d’une personne autiste, en lien avec les apports des deux premiers jours de formation.

Second module

Lundi 31 mai 2027

  • Horaires : 09:30 — 13:00

    Sujet : Reprises des situations cliniques des stagiaires. — Les stagiaires mettent à profit le temps d'intersession pour rédiger des observations précises des langages émergents. — Ces observations s’étayent sur les éléments apportés lors des jours 1 et 2, et les stagiaires exposent également les ateliers ou activités de prise en charge qui ont pu être proposés pour favoriser ces émergences. Ces exposés sont partagés avec le groupe et sont soutenus et discutés par les formatrices.

  • Horaires : 14:00 — 17:30

    Sujet : Suite des exposés et échanges avec le groupe et les formatrices. — Bilan de la formation.

  • Se sentir concerné dans son corps et dans l’espace pour communiquer.
  • Une bouche pour parler.
  • Des réflexes toniques au langage gestuel et verbal.
  • Différentes formes d’émergence du langage : cris, sons, chuchotements, écholalies, dialogues internes et langage adressé.
  • Des appuis pour se lancer dans le langage verbal.
  • La place de la narrativité, de l’imitation et des émotions partagées pour faire émerger une conscience de soi et un lien avec son environnement.
  • Observer les manifestations corporelles et l’occupation de l’espace pour comprendre les vécus internes qui entravent le développement.
  • Repérer le sens des recherches sensorielles dans les manifestations répétitives autistiques.
  • Créer les conditions d’émergence spontanée du langage en respectant le rythme de la personne et en s’appuyant sur ses intérêts particuliers, même répétitifs. 
  • Créer les conditions pour l’accès à des variations, à des explorations nouvelles et à l’intersubjectivité, en jouant avec les ébauches d’émergence du langage gestuel et verbal.
  • Repérer les formes particulières d’émergences du langage
  • 1er module,  2 jours consécutifs : présentations théoriques articulées avec de nombreux exemples cliniques.
  • 2nd module : 1 jour 2 mois plus tard : échanges à partir de courtes observations cliniques préparées par les stagiaires entre les deux modules.
  • En amont, les attentes et besoins des stagiaires sont recueillis à travers un questionnaire amont.
  • Tout au long de la formation, le formateur vérifie la bonne assimilation des apprentissages à l'aide de mises en pratique et de questions.
  • En fin de formation, les stagiaires doivent répondre à un questionnaire. Cette évaluation porte sur l'atteinte des objectifs, le programme, les méthodes d'animation et la qualité globale de la formation.
  • Deux mois après la formation, un questionnaire à froid permet de mesurer les effets de la formation sur les pratiques.
  • Les institutions sont-elles interrogées elles aussi à l'issu de la formation par le biais d'un questionnaire de satisfaction.
  • Professionnels travaillant auprès d’enfants, d’adolescents ou d’adultes présentant des troubles du spectre autistique.

  • Aucun.